Les faits reprochés sont proprement ignobles.
Un couple vit dans une maison avec cinq enfants à Montjean. Trois sont le fruit de leur union, les deux autres sont les fils de la mère. Ce sont ces deux derniers les principales victimes, selon une voisine qui a signalé des faits de maltraitance en appelant le 119. La maison serait mal entretenue, envahie par les souris et les punaises de lit.
Souvent, les plus jeunes sont laissés dehors sous la pluie ou par forte chaleur.
Un conjoint qu'ils appellent ''oncle'' et qui les maltraite
Interrogés, les garçons évoquent des punitions infligées par celui qu'ils appellent "oncle". Ils sont enfermés dans la cave, où la présence des souris les effraie, ou doivent rester à genoux sur un manche à balai, attachés avec du ruban adhésif par ''tonton''. Les enfants n'accusent pas leur mère d'une quelconque violence.
Devant la barre, mardi 18 février, l'homme de 35 ans déclare être sous l'emprise de la femme, mais nie les faits de violence qui lui sont reprochés par le tribunal. La femme de 32 ans affirme que l'aîné a des troubles de comportement et qu'il faut parfois l'isoler sur les marches de la cave, mais nie avoir porté des coups. La présidente la soupçonne de "fermer les yeux". Les enfants sont désormais placés en famille d'accueil et pris en charge par l'Udaf.
Le parquet reconnaît une situation d'instabilité et d'insalubrité, mais admet ne pas avoir d'éléments suffisants pour poursuivre la mère, contrairement à son compagnon, contre qui la magistrate requiert huit mois de prison avec sursis. Ce positionnement de la procureure suscite une vive réaction de Me Camille Robert, avocat du compagnon. Il conteste la différence de traitement entre les deux prévenus : "Vous ne pouvez condamner l'un sans l'autre", tempête l'avocat de la défense. L'avocate de la mère plaide le contraire et se dit "écœurée" par la plaidoirie de son confrère. Elle demande la relaxe pour sa cliente.
Poursuivie pour des actes de violence sur des enfants mineurs, la mère de famille a été condamnée à trois mois de prison avec sursis probatoire, tandis que son compagnon violent a écopé de six mois de prison avec un sursis probatoire de 24 mois. Les deux prévenus devront suivre des soins et travailler en guise de peines secondaires.
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