Tout le monde connaît l'état du système de santé en France, encore qu'il faudrait distinguer entre les secteurs public et privé, ce dernier dans ses deux composantes : à but lucratif et à but non lucratif (associations, mutuelles, congrégations religieuses ou fondations). Chacun a constaté la difficulté d'obtenir un rendez-vous, y compris en urgence. Tous les responsables des collectivités locales se battent aussi pour que leurs territoires ne deviennent ces trop fameux déserts médicaux qui voient disparaître aussi bien les généralistes que les maternités.
Ces dernières années, l'informatisation est censée avoir simplifié la tâche du médecin qui reçoit en consultation. Beaucoup de patients ont d'ailleurs constaté que celui-ci en vient à consacrer plus de temps à son ordinateur qu'à son interlocuteur. Ce n'est pas la volonté de réduire le lien avec le malade, mais la nécessité non seulement technique mais administrative. On ne parle pas ici du spécialiste qui, lourdement équipé, peut tout de suite voir, en quelque sorte, à l'intérieur de celui qu'il ausculte grâce à ses écrans. Non : il s'agit tout simplement du médecin traitant qui va rédiger une ordonnance.
Il se trouve en effet soumis à toutes sortes de contraintes imposées par l'assurance-maladie et concrétisées par la petite carte Vitale que chacun tend aussi bien à son pharmacien qu'à son docteur. Celui-ci doit en effet activer des codes, qui, par exemple, varient suivant qu'il est le médecin traitant ou un autre consulté plus ou moins dans l'urgence. Les spécialistes ou les praticiens de groupe, eux, disposent d'un secrétariat pour traiter ces questions, ce qui n'est pas le cas de celui qui travaille tout seul. S'y ajoutent en plus les recommandations, voire les injonctions, de la Sécurité sociale expliquant les avantages de telle ou telle nouvelle procédure et poussant, de toute façon, à une normalisation. Bref, ce sont les médecins qui doivent suivre l'ordonnance bureaucratique.
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