Lors du Salon international de l'agriculture, Bernard Borel, président national du Mouvement de la ruralité, a évoqué la présence du loup et l'augmentation de sa population comme " une problématique majeure". Il a demandé l'ouverture d'une enquête parlementaire au sujet de sa réintroduction. Le mouvement aimerait que celle-ci puisse découler sur un projet de loi. " Un loup près d'une habitation est un loup à abattre", déclarait-il.
Une volonté affichée d'accompagner les éleveurs
Stéphane Trottier, le Segréen secrétaire général du mouvement, a précisé les positions du mouvement sur le sujet du loup. "Nous souhaitons accompagner les éleveurs. Dans une région d'élevage, un loup, c'est un loup de trop", selon l'habitant de L'Hôtellerie-de-Flée, candidat aux élections législatives de la septième circonscription de Maine-et-Loire en 2022.
Parmi les pistes, le passage du secteur en zone deux ; il est actuellement en zone trois. Toutefois, le mouvement entend accompagner dans toute la France. Le secrétaire général du Mouvement pour la ruralité pointe du doigt le "réensauvagement de la France".
Des incidents dans le Segréen
De plus, il évoque la baisse du nombre de chasseurs dans les années à venir. " Les jeunes ne sont pas au rendez-vous. Nous n'avons pas de solution pour la gestion du gibier." Selon le mouvement, le loup aurait été réintroduit "sous couvert de l'État", affirme Stéphane Trottier.
Il fait part de ce qui serait des signes de sa présence dans le Segréen. Des crottes auraient été repérées à Charmont ou encore à Noyant-la-Gravoyère. "Entre La Ferrière et Aviré, le loup a mangé un chevreuil. Les analyses montrent qu'il s'agit de loups", avance Stéphane Trottier. "Avant d'être publiées sur EPM loup, les traces sont vérifiées à chaque fois", assure-t-il.
Une commission d'enquête en vue de proposer une loi
Le Mouvement de la ruralité souhaite demander l'ouverture d'une commission d'enquête transpartisane. Afin que celle-ci soit ouverte, il faut que 34 députés se disent favorables. " Nous en avons une vingtaine pour le moment et nous avons commencé à évoquer le sujet seulement lors du Salon de l'agriculture", précise Stéphane Trottier. Cette commission aurait pour but d'établir une traçabilité sur la réintroduction du loup depuis les années 1980. " Des députés de Maine-et-Loire sont prêts à nous suivre", assure Stéphane Trottier, en ajoutant que les élus du sud sont plus au fait.
Le mouvement a prévu de rencontrer les différents chefs de groupe à l'Assemblée. " Nous souhaitons une loi coconstruite, partant de la base. Cela fonctionnerait mieux. Nous sommes au début du dossier, nous allons rencontrer des associations."
Le mouvement compte proposer à des élus allant du Parti socialiste au Rassemblement national de rejoindre cette enquête.
"On veut prouver que de l'argent public a servi à remettre des grands prédateurs et que les services de l'État n'ont pas fait leur boulot correctement", résume Stéphane Trottier.
Combien de loups dans l'Hexagone ?
Concernant la présence des loups, l'Office français de la biodiversité estime que 1 000 individus sont présents sur le territoire hexagonal. " Le Mouvement de la ruralité pense qu'il y en a plus exactement 1 500 à 2 000. Les écolos souhaiteraient qu'il y en ait 5 000. C'est trop, car ils détruisent la chaîne alimentaire."
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