On parle souvent des soignants, des professionnels en Ehpad, mais il ne faudrait pas oublier dans cette lutte contre le Covid-19, les aides à domicile. Dans nos territoires ruraux, elles sont essentielles à bon nombre de personnes âgées.
En Mayenne, elles sont 400 à pied d'œuvre pour continuer à assurer un service de qualité aux bénéficiaires. "Mais on a dû s'organiser", explique Raymond Planchais, le président de l'ADMR de Craon et trésorier de celle de Renazé en Mayenne.
L'Agence régionale de la santé nous a demandé de nous concentrer que sur les services à la personne", indique-t-il.
Le ménage et l'accompagnement sont donc temporairement mis de côté. Et du chômage partiel a été instauré.
La course aux masques et gels hydro-alcooliques
Il faut dire que l'aide à la personne nécessite beaucoup de temps. "Cela va du lever de la personne, à la préparation de ses repas, au coucher pour la sieste, puis il faut repasser pour relever la personne, etc", énumère Raymond Planchais.
A Craon, seize sur 28 travaillent la semaine. "Nous avons fait en sorte de faire des plannings pour que le travail représente des temps pleins pour celles en activité. On fait des roulements. Une semaine sur deux, nos aides à domiciles tournent."
A Renazé, idem, une moitié de l'effectif travaille avant que l'autre prenne la relève.
Surtout, les filles sont au contact direct avec la population la plus à risques, les personnes âgées. Autant dire que leur pression est énorme pour ne pas amener le virus. Il en va aussi de leur santé. "Il y a une petite crainte, c'est certain, mais elles sont très courageuses et ne le font pas voir pour la plupart."
Depuis seulement huit jours le port du masque et de gants est obligatoire" explique Raymond Planchais.
"Alors ça a été la course, car auprès des pharmaciens nous n'arrivions pas à en obtenir. Mais le bouche à oreille a fait son effet et des artisans sont venus nous en apporté. Surtout aussi, l'ARS nous a envoyé une dotation de masques." Mais à raison de 4h d'utilisation, ils partent vite. La difficulté est la même pour se procurer du gel hydro-alcooliques.
Elles sont 400 aides à domicile en Mayenne, alors il faudrait environ 800 masques par jour."
"Si elles n'étaient pas là, qui s'occuperait de nos bénéficiaires ?"
Raymond Planchais estime que le stock leur permettra de tenir encore une semaine et demie. Et il en a conscience : "Le grand pic n'est pas encore arrivé." Alors il lance un appel à ceux qui en auraient encore et qui pourraient aider les aides à domicile. Les associations recherchent aussi des surblouses. (Si vous en avez, vous pouvez aider les aides à domicile de vos secteurs.)
À lire aussi
Pour l'heure, sur les plus de cents bénéficiaires de ces deux associations locales de Craon et Renazé disséminés dans près d'une quinzaine de communes, "aucun n'a été dépisté positif au Covid-19".
Raymond Planchais salue l'engagement et le travail de ces femmes car "si elles n'étaient pas là, qui s'occuperait de nos bénéficiaires ?"
La fédération départementale, elle, rappelle ses valeurs : solidarité et proximité.
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.