On connaît Lucrèce Borgia (1480-1519), fille du pape Alexandre VI, célébrée pour sa beauté troublante et ses histoires d’amour, des échecs au final. Il ne s’agit pas d’elle à Château-Gontier (Mayenne), mais de Lucrèce Mercier (1776-1831), qui connaîtra l’amour, le vrai, le plus destructeur.
Fille de Pierre Mercier, originaire du Lion-d’Angers (Maine-et-Loire), Lucrèce Mercier vit à Château-Gontier (Mayenne) où son père s’est installé comme aubergiste à l’Hôtellerie du Louvre, rue Trouvée.
L’un de ses frères, Pierre-Mathurin, l’aîné d’une fratrie de huit enfants, dit La Vendée, devient général, en 1792, et se retrouve à la tête de 300 000 hommes lors du soulèvement de la Vendée. Il se liera d’amitié avec un dénommé Georges Cadoudal, chef chouan breton.
Georges Cadoudal viendra, un jour, se cacher à l’auberge du Louvre.
Au cœur du tumulte de la Révolution, et à la veille de la Terreur, le chef chouan trouve l’amour. Il s’éprend éperdument de Lucrèce Mercier, qui tombe follement amoureuse. Mais le combat appelle ce dernier.
Les deux tourtereaux se reverront en janvier 1795. Lucrèce se languit de sceller leur mariage, elle lui en parle. Mais Georges Cadoudal doit accomplir son destin. Il lui répond : "Ma douce, je dois auparavant au Roi et à mes compagnons de mener le combat jusqu’à la victoire et la restauration."
Il n’en sera rien. L’Histoire est ce qu’elle est. En 1801, Pierre-Mathurin Mercier est tué en forêt de Loudéac (Côtes d'Armor). Georges Cadoudal est exécuté en 1804 à Paris.
Lucrèce Mercier se retrouve seule, à l’Hôtellerie du Louvre, après la mort de ses parents. Effondrée, elle prend le voile et le nom de sœur Saint-Paul. Elle intègre le couvent des Ursulines en 1809. Elle décédera en 1831.
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.